Société | | 04/10/2011
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Le Conseil municipal de Nogent dégénère en algarade

En général plutôt policé et nourri de débats sur le fond, même si le ton monte un peu, le Conseil municipal de Nogent sur Marne s’est terminé hier soir dans l’invective. Le Maire, Jacques JP Martin, a levé la séance au terme d’un peu moins de deux heures de réunion, indiquant qu’il n’avait plus de temps à consacrer aux dernières questions des élus, avant que ne se poursuive, hors séance,  un règlement de comptes (verbal) avec son adversaire Marc Arazi.

La tension entre les deux élus était du reste palpable durant toute la séance, depuis la communication préalable de la majorité municipale, lue par Déborah Münzer, et  accusant Marc Arazi de malhonnêteté intellectuelle (à écouter à partir de la minute 46).

Cette communication préalable reprochait à l’élu (qui s’est déclaré officiellement dans l’opposition depuis février 2011) de publier une lettre, envoyée à tous les Nogentais, au nom « des » élus de Nogent c’est maintenant, en indiquant, pour justifier le déterminant pluriel, le nom d’Anne Renoux malgré elle. Colistière au premier tour des élections municipales de 2008, Anne Renoux a suivi Marc Arazi sur la liste du maire sortant lors de la fusion entre leurs listes au second tour, mais, contrairement à Marc Arazi, elle est restée dans la majorité municipale au sein de laquelle elle a une délégation concernant le projet RER A.

Déborah Münzer a rappelé dans sa communication que Marc Arazi avait été, qu’il le veuille ou non, élu sur la liste de la majorité et qu’il lui appartenait de démissionner du Conseil municipal s’il était en désaccord, avant de conclure en comparant l’élu incriminé au personnage infatué d’Arrias, des Caractères de La Bruyère (auteur du XVIIème siècle), s’amusant que le nom du personnage soit « quasi l’anagramme » d’Arazi. S’en est suivie une passe d’armes entre l’élu concerné et le maire de la ville, sur la légitimité du mouvement Nogent c’est maintenant avant qu’Anne Renoux ne prenne la parole pour s’exprimer elle-même et confirmer qu’elle faisait bien partie de la majorité depuis le second tour de 2008, priant Marc Arazi d’éviter d’apposer son nom dans ses futures lettres. Entre deux salves des intéressés, chacune couvrant l’autre, Michel Gilles a pour sa part exprimé son désaccord face à une communication préalable s’achevant en attaque personnelle, qu’il a qualifiée de déplacée et inadmissible au sein d’un Conseil municipal.

Plusieurs sujets ont ensuite opposé les deux ex-alliés  au cours de la séance, de la vidéosurveillance aux antennes relais, faisant monter le ton toujours un peu plus haut jusqu’aux questions de fin de séance.

A écouter à partir de la minute 46

Rappel historique : la liste de Marc Arazi avait fusionné au second tour avec celle de Jacques JP Martin, apportant ses 5,72 % de voix aux 31,36 % du maire sortant. Marc Arazi avait rejoint la liste majoritaire, Ensemble agissons pour notre ville, avec deux de ses colistiers, Anne Renoux et Laurent Bernat. Les deux têtes de liste avaient également signé un accord précisant les modalités de cette fusion et les attributions des nouveaux colistiers en cas d’élection. Marc Arazi devait ainsi être maire adjoint et s’occuper des questions d’environnement, notamment des dossiers antennes relais et de la décontamination de Marie Curie. Laurent Bernat a pour sa part du démissionner du Conseil  quelques temps après pour obligations professionnelles. Après une courte lune de miel, les relations entre Marc Arazi et la majorité municipale se sont rapidement détériorées, la majorité  reprochant à l’élu de jouer en solo et ce dernier reprochant au maire de ne pas tenir ses engagements, notamment en termes de transparence et de démocratie locale. La rupture a été consommée en mars 2009, suite à des prises de position divergentes et publiquement exprimées de Marc Arazi concernant le réaménagement du pôle RER A. Ce dernier s’est alors vu destituer de ses délégations et de son titre de maire adjoint en conseil municipal. Exclu définitivement de la majorité quelques temps plus tard puis réintégré, l’élu a finalement choisi de se situer de lui-même dans l’opposition début 2011, suite à l’élection au poste de conseiller à la communauté d’agglomération d’Estelle Debaecker (maire de la ville de 1995 à 2001) et ancienne opposante de Jacques JP Martin. Le leader de Nogent c’est maintenant, son groupe politique local, s’est alors présenté aux élections cantonales contre le maire. Son ex-colistière, Anne Renoux est de son côté restée dans la majorité et avait à l’époque clarifié sa position à ce sujet, interrogée par Nogent Citoyen : « Ma position d’élue se borne en une assistance technique et juridique sur des sujets de ma compétence, en lien avec les autres élus et les services de la mairie. Je ne souhaite pas prendre part à une querelle entre élus pour des raisons politiques sans lien avec les vrais problèmes de la ville. Je ne suis pas liée à « Nogent c’est maintenant » qui n’a, en tout état de cause, aucune existence juridique ou légale. » Elle avait précisé que la Lettre Nogent c’est maintenant mentionnait effectivement son nom sans son accord mais ne souhaitait pas médiatiser l’affaire outre mesure.

Voir les billets précédents à ce sujet

Voir aussi article sur les alliances actuelles au sein du Conseil municipal

 

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